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13/07/2009





10/02/2010
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13/07/2009
Bilan de mandat de Béatrice PATRIE




Suite.



 


L'Europe doit oser.

« Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles ». Titre de l'éditorial de janvier 2009 du mensuel « Israël Magazine », cette phrase de Sénèque semble s'appliquer à la lettre à la posture constamment adoptée par l'Union européenne dans le conflit israélo-palestinien.

Au cours des dernières années, l'attitude européenne s'est surtout caractérisée par une grande incohérence politique. Rappelons qu'après avoir appelé de ses vœux l'organisation d'élections générales en Palestine, puis après avoir accordé son onction démocratique à l'issue d'un processus électoral validé par ses propres observateurs, l'Europe s'est empressée, dès la victoire du Hamas proclamée, de suspendre son soutien financier à l'Autorité palestinienne : la démocratie, oui, mais seulement lorsque la voix du peuple s'exprime selon nos standards. En agissant ainsi, l'Union européenne a contribué, malgré elle, à soutenir la surenchère politique du Hamas et la stratégie de division des palestiniens qui fait le jeu de ceux qui ne veulent pas la paix.

Depuis lors, l'Union européenne n'a cessé d'afficher une attitude d'atermoiement, jugée dans le monde arabe comme très alignée sur les Etats-Unis, comme lors du sommet d'Annapolis. Il y a quelques semaines, le Conseil des affaires générales, faisant preuve d'un sérieux manque d'opportunité politique, envisageait d'accorder à Israël un statut renforcé de partenariat (upgrading). En effet, au-delà du conflit actuel, n'oublions le blocus total depuis des années de Gaza, la question essentielle. Il s'agit d'une population civile de 1 million et demi d'habitants de Gaza, enfermée dans un territoire de 40 kilomètres sur 10, quasiment sans électricité, gaz, pétrole, nourriture, médicaments. L'Europe, si prompte à défendre les droits essentiels de l'humain peut elle accepter le maintien de ce siège.

Enfin, on peut raisonnablement penser que la reprise pure et simple des thèses israéliennes sur la nécessité d'une opération défensive, exprimée par le président tchèque en exercice de l'Union européenne a facilité politiquement l'offensive terrestre sur Gaza, envisagée de longue date, comme ne s'en était pas caché Tzipi Livni lors de son intervention, en décembre 2008, devant les parlementaires européens.

Il est donc grand temps que l'Europe se ressaisisse si elle veut encore espérer conserver un minimum de crédibilité dans le monde arabe. L'obtention d'une trêve immédiate et sans condition, garantie par un mécanisme international et le déploiement d'une force multilatérale doivent, comme lors de la guerre des 33 jours au Liban, être mis au crédit de son action. L'Union européenne se doit surtout de faire admettre aux parties en présence et à l'ensemble de la communauté internationale, qu'il n'existe aucune solution viable et durable qui passe par les armes. A cet égard, on attend de l'Europe qu'elle soit l'artisan de la construction d'une solution politique qui implique l'ensemble des partenaires régionaux et nécessite la réconciliation inter-palestinienne : y travailler est bien le moins que puisse faire l'Europe, compte tenu de ses errances passées.

Or, si l'Union européenne compte un tant soit peu atteindre ces objectifs, certes difficiles, elle fera bien de se conformer au principe du philosophe romain : oser, enfin. Oser dire que le Hamas, pas plus que le Hezbollah, ne peuvent être considéré comme des organisations terroristes, mais répondent également à des aspirations populaires, sociales, qui en font des interlocuteurs politiques. Le Hamas, lui, de son coté, devrait faire preuve de responsabilité et respecter ses engagements, notamment celui qui consiste à accepter clairement les frontières de 1967, c'est-à-dire la reconnaissance de l'Etat d'Israël. Oser redéfinir son aide financière: nonobstant l'urgence humanitaire actuelle, l'Europe ne peut se borner à financer indéfiniment et sans condition des infrastructures aussitôt démolies par un nouvel affrontement. Oser, enfin, parler d'une seule voix, sous peine, comme aujourd'hui pour l'Europe, de demeurer parfaitement inaudible.

Nonobstant l'urgence actuelle, l'Europe ne peut financer les dégâts économiques structurels, sociaux et humains d'un conflit auquel il faut mettre un terme.

Pasqualina NAPOLETANO
Jamila MADEIRA
Véronique DE KEYSER
Béatrice PATRIE

19/01/2009




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